Un chirurgien-dentiste peut aujourd’hui communiquer sur internet. Mais une règle le distingue des autres praticiens : il n’a pas le droit d’obtenir une place prioritaire dans les résultats de recherche, ni contre paiement, ni par un autre moyen. Voici ce que cela change, et les leviers qui restent pour être trouvé par les patients.
L’essentiel
- Depuis le décret du 22 décembre 2020, le chirurgien-dentiste est libre de communiquer, y compris sur un site internet, dans le respect des règles déontologiques.
- Le code interdit d’obtenir « contre paiement ou par tout autre moyen » un référencement qui le fait apparaître en priorité dans les résultats de recherche. L’Ordre précise : payant ou non.
- Le terrain qui reste : un site complet et conforme, une fiche Google exacte, des pages d’information utiles aux patients et une prise de rendez-vous simple.
Ce que le code de déontologie autorise depuis 2020
Le décret n° 2020-1658 du 22 décembre 2020 a mis fin à l’interdiction générale de la publicité pour les chirurgiens-dentistes. Le code conserve un principe : la profession ne se pratique pas comme un commerce.
L’article R. 4127-215-1 du code de la santé publique pose la règle de base. Le chirurgien-dentiste peut communiquer au public, par tout moyen, y compris sur un site internet. Il peut présenter ses compétences, ses pratiques, son parcours et ses conditions d’exercice. Il peut aussi diffuser des informations à visée éducative ou sanitaire, à condition qu’elles soient étayées.
Cette communication a des limites claires :
- pas de témoignages de tiers ;
- pas de comparaison avec d’autres chirurgiens-dentistes ou établissements ;
- pas d’incitation à des soins inutiles ;
- rien qui puisse induire le public en erreur.
Le Conseil national de l’Ordre a publié des recommandations sur la communication le 6 mai 2021. Le code demande d’en tenir compte : elles servent de grille de lecture pour tous les supports.
La règle propre aux dentistes : pas de référencement prioritaire
C’est le point qui sépare les chirurgiens-dentistes des médecins. L’article R. 4127-217 du code de la santé publique, consacré aux annuaires, contient un second paragraphe. Il interdit au chirurgien-dentiste d’obtenir, contre paiement ou par tout autre moyen, un référencement numérique qui fait apparaître en priorité l’information le concernant dans les résultats d’une recherche sur internet.
Dans ses recommandations, l’Ordre précise que le référencement numérique prioritaire est proscrit, payant ou non, dans les moteurs de recherche comme dans les annuaires.
En pratique, plusieurs pratiques courantes dans d’autres spécialités sont à écarter :
- les annonces sponsorisées sur les moteurs de recherche, comme Google Ads ;
- les options payantes de « mise en avant » dans les annuaires et les plateformes ;
- tout procédé artificiel destiné à faire remonter le cabinet devant les autres, comme l’achat de liens.
Le texte ne traite pas explicitement du référencement naturel, c’est-à-dire de la position obtenue grâce à la qualité et à la pertinence d’un site. En cas de doute sur une pratique précise, le conseil départemental de l’Ordre reste l’interlocuteur à consulter. Les règles publicitaires applicables aux autres professions sont détaillées dans notre article sur la publicité Google Ads en santé.
Ce qui reste permis, et qui aide les patients à vous trouver
Un site complet, à jour et conforme
Le site reste le support central. Il présente le ou les praticiens, leur parcours, les soins pratiqués, l’accès au cabinet, les horaires et la conduite à tenir en cas d’urgence.
Il doit aussi contenir des informations économiques. L’article R. 4127-240 impose, sur tout site qui présente l’activité, une information sur les honoraires pratiqués, les modes de paiement acceptés et les obligations légales d’accès aux soins sans discrimination. L’Ordre recommande d’indiquer au moins les honoraires des 5 à 10 actes les plus pratiqués au cabinet. Cette information doit être claire, honnête, précise et non comparative.

Honoraires, modes de paiement, accès : des informations que le site doit afficher.
Des pages d’information utiles, une par type de soin
Un patient tape rarement « dentiste ». Il cherche une réponse à une question précise : un implant, une couronne, l’orthodontie de son enfant, une dent cassée un samedi. Une page par type de soin, qui explique le déroulé, la durée, les suites et la prise en charge, répond à ces recherches.

Une page par type de soin répond aux questions que les patients posent au fauteuil.
Ces pages restent informatives : pas de promesse de résultat, pas de superlatif, pas de comparaison. C’est aussi ce que recherchent les moteurs : Google indique privilégier les contenus utiles, fiables et rédigés pour les personnes. Les bases techniques comptent aussi : un site rapide, lisible sur mobile, avec des données structurées adaptées (le type Dentist existe sur schema.org).
Une fiche Google exacte, sans artifice
La fiche d’établissement Google est souvent le premier contact. Les consignes de Google sont précises : le nom doit être celui que connaissent les patients, sans mots-clés ajoutés ; l’adresse doit être exacte ; le cabinet et chaque praticien peuvent avoir leur propre fiche, celle du praticien ne portant que son nom.
Une fiche complète, avec les bons horaires, la bonne catégorie, des photos du cabinet et un lien vers la prise de rendez-vous, aide le patient à choisir. Ajouter des mots-clés dans le nom ne fait que risquer une suspension. Notre guide sur la fiche Google des cabinets détaille ces réglages.
Une prise de rendez-vous sans friction
Être trouvé ne suffit pas : le patient doit pouvoir réserver en quelques secondes. Un bouton visible sur chaque page, un numéro cliquable sur mobile et un agenda en ligne à jour transforment une visite en rendez-vous. Pour les cabinets sur Doctolib, quelques réglages du profil font une vraie différence.
Les erreurs fréquentes à éviter
- Les photos avant/après. L’Ordre estime qu’elles tendent à suggérer un résultat certain, donc à induire en erreur.
- Les avis et notes affichés sur le site. Le code exclut les témoignages de tiers ; l’Ordre y ajoute les notations.
- Les formules comparatives. « Le meilleur cabinet de la ville », y compris dans un nom de domaine.
- Les liens vers des sociétés commerciales depuis le site, le blog ou une application (article R. 4127-225).
- Les patients identifiables en photo, en vidéo ou sur une radio : même avec leur accord, l’Ordre demande que le visage soit flouté.
- Les réponses aux avis qui révèlent des informations sur le patient : le secret professionnel s’applique aussi en ligne.
Et les avis Google ?
Les patients peuvent laisser un avis sur la fiche Google du cabinet : c’est leur parole, pas la communication du praticien. En revanche, reprendre ces avis ou la note sur son propre site revient à utiliser des témoignages, ce que le code exclut.
Pour répondre à un avis, la règle est simple : remercier ou apporter une information générale, sans jamais confirmer qu’une personne est patiente du cabinet ni évoquer ses soins.
Comment Mediova accompagne les cabinets dentaires
Pour un cabinet dentaire, l’accompagnement part de ces règles. Il commence par une vérification de conformité du site, de la fiche Google et des annuaires. Il se poursuit par des pages d’information claires, une fiche à jour et un parcours de rendez-vous simple, avec un suivi des demandes reçues.
Cet article informe sur les textes en vigueur à sa date de mise à jour. Il ne remplace pas l’avis du conseil de l’Ordre des chirurgiens-dentistes.
Pour aller plus loin
- SEO pour cabinet médical : être trouvé par vos patients sur Google
- Site internet médecin : ce qu’il doit contenir et ce que l’Ordre autorise
- Médecins, dentistes, thérapeutes : ce que vous avez vraiment le droit de faire sur Google Ads
- ChatGPT recommande-t-il votre cabinet ?
Sources et textes de référence
- Ordre national des chirurgiens-dentistes – Code de déontologie (articles du code de la santé publique, mise à jour janvier 2021)
- Ordre national des chirurgiens-dentistes – La Lettre n° 188, mars 2021 : dossier sur le décret du 22 décembre 2020
- Recommandations du Conseil national de l’Ordre sur la communication (6 mai 2021), via L’Information dentaire
- MACSF – Fin de l’interdiction de la publicité pour les chirurgiens-dentistes
- MACSF – Communication professionnelle des chirurgiens-dentistes : les recommandations de l’Ordre (avril 2024)
- Google – Consignes relatives à la représentation de votre établissement sur Google
- Google Search Central – Créer du contenu utile, fiable et axé sur les personnes
- schema.org – Type Dentist
À propos de l’auteur : Arsène, CMO de Mediova
Arsène accompagne les professionnels de santé dans l’acquisition de patients : ophtalmologie, chirurgie esthétique, greffe capillaire, gynécologie, dentaire, imagerie médicale, thérapeutes et podologues. Campagnes Google Ads, référencement, fiche Google, Doctolib et parcours de prise de rendez-vous, avec un indicateur suivi de près : le coût par rendez-vous.
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