Un praticien a-t-il le droit de faire de la publicité sur Google ? La réponse a changé fin 2020, mais elle reste encadrée : par le code de déontologie de chaque profession d’un côté, par les règles publicitaires de Google de l’autre. Voici ce qu’il faut savoir avant de lancer une campagne.
L’essentiel
- Depuis la réforme de décembre 2020, les médecins peuvent communiquer auprès du public, à condition que l’information reste loyale, honnête et non comparative.
- Google encadre aussi les annonces santé : médicaments, traitements non éprouvés, ciblage fondé sur l’état de santé.
- Pour les chirurgiens-dentistes, des règles spécifiques existent sur le référencement payant : à vérifier avant toute campagne.
Ce que permet le code de déontologie
Pour les médecins
L’article 19 du code de déontologie médicale rappelle que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce. L’article 19-1, introduit fin 2020, autorise en revanche le médecin à communiquer au public, par tout moyen, des informations sur ses compétences, ses pratiques, son parcours et ses conditions d’exercice.
Cette communication doit rester loyale et honnête. Elle ne doit pas faire appel à des témoignages de tiers, ni reposer sur des comparaisons avec d’autres médecins ou établissements, ni inciter à un recours inutile aux soins. Une annonce Google Ads entre dans ce cadre : elle peut informer, elle ne doit pas « vendre ».
Pour les chirurgiens-dentistes
Le code de déontologie des chirurgiens-dentistes a été réformé à la même période, avec des principes proches : communication loyale, sans témoignages ni comparaisons. Il contient aussi des dispositions propres au référencement numérique, qui peuvent viser les liens payants. Avant de lancer une campagne pour un cabinet dentaire, il est prudent de vérifier les recommandations de l’Ordre des chirurgiens-dentistes et, si besoin, de lui poser la question.
Pour les autres professions de santé
Plusieurs professions dotées d’un ordre ont vu leurs règles de communication évoluer en même temps. Chacune a son propre code : il faut se référer à celui de la profession concernée. Pour les professions sans ordre, les règles générales s’appliquent, notamment l’interdiction des pratiques commerciales trompeuses.
Ce qu’impose Google pour les annonces santé
Indépendamment de la déontologie, Google applique son propre règlement « Santé et médicaments ». Plusieurs points concernent directement les cabinets :
- Les médicaments sur ordonnance ne peuvent pas être promus auprès du grand public dans de nombreux pays, dont la France.
- Les traitements expérimentaux ou non éprouvés sont fortement restreints. Les annonces qui y font référence peuvent être refusées.
- Le ciblage fondé sur la santé est interdit en publicité personnalisée : impossible de cibler ou de recibler des internautes en fonction d’une pathologie ou d’un état de santé. Les listes de remarketing doivent être pensées en conséquence.
- Certaines catégories nécessitent une certification préalable auprès de Google, selon les pays et les activités.
En pratique, une annonce refusée affiche un motif dans le compte Google Ads. Il est rarement utile de la reformuler à l’aveugle : mieux vaut relire le règlement concerné et ajuster l’annonce et la page d’arrivée ensemble.

La page d’arrivée compte autant que l’annonce : informative, à jour, avec une prise de rendez-vous simple.
Rédiger des annonces conformes : ce qui passe, ce qui bloque
| Généralement acceptable | À éviter |
|---|---|
| Le nom du cabinet et la spécialité | Les superlatifs : « le meilleur », « n°1 » |
| Les actes pratiqués, décrits simplement | Les comparaisons avec d’autres praticiens |
| Les conditions d’accès : secteur, délais, prise de rendez-vous en ligne | Les témoignages et avis de patients repris dans l’annonce |
| Une information pratique : adresse, horaires, accès | Les promesses de résultat ou les « avant / après » |
| Un lien vers une page qui détaille l’acte | Les promotions et prix d’appel |
La page d’arrivée compte autant que l’annonce. Elle doit présenter l’acte de façon informative, préciser qui le pratique et dans quelles conditions, et proposer une prise de rendez-vous simple. Une page sobre et précise sert à la fois la conformité et le taux de conversion.
Thérapeutes : un cas à part
Psychologues, ostéopathes, naturopathes, sophrologues : ces professions n’ont pas toutes un ordre ni un code de déontologie opposable, mais elles restent soumises au droit commun et aux règles de Google. Les annonces qui promettent de traiter une maladie, ou qui mettent en avant une méthode présentée comme thérapeutique sans validation, sont celles qui posent problème. Une annonce centrée sur la consultation, le cadre et l’accès (lieu, délai, prise de rendez-vous) passe beaucoup plus facilement.

Avant de lancer une campagne : vérifier les annonces, les pages d’arrivée et le suivi des conversions.
La check-list avant de lancer une campagne
- Relire le code de déontologie de la profession, ou les recommandations de son ordre.
- Vérifier que les annonces ne contiennent ni superlatif, ni comparaison, ni témoignage, ni promesse de résultat.
- Vérifier que les pages d’arrivée sont informatives et à jour, avec une prise de rendez-vous claire.
- Exclure tout ciblage ou remarketing fondé sur l’état de santé.
- Mettre en place le suivi des conversions (demandes, appels, réservations) avant de dépenser le premier euro.
- Surveiller les refus d’annonces la première semaine et ajuster.
Bien construite, une campagne Google Ads reste l’un des moyens les plus directs pour un cabinet d’être visible au moment où un patient cherche un praticien. La conformité n’est pas un frein : c’est ce qui permet de la faire durer.
Pour aller plus loin
- Google Ads pour cabinet médical : structurer des campagnes rentables
- Coût par rendez-vous : l’indicateur qui compte
- Site internet médecin : ce qu’il doit contenir et ce que l’Ordre autorise
- Google Ads pour les professionnels de santé : l’accompagnement Mediova
Sources et textes de référence
- Conseil national de l’Ordre des médecins – Article 19 du code de déontologie (commerce, interdiction)
- Conseil national de l’Ordre des médecins – Article 19-1 (communication professionnelle)
- MACSF – Fin de l’interdiction de la publicité pour les chirurgiens-dentistes
- Google Ads – Règlement « Santé et médicaments »
- Google Ads – Ciblage restreint dans la publicité personnalisée
- Google Ads – Suivi des conversions
À propos de l’auteur : Arsène, CMO de Mediova
Arsène accompagne les professionnels de santé dans l’acquisition de patients : ophtalmologie, chirurgie esthétique, greffe capillaire, gynécologie, dentaire, imagerie médicale, thérapeutes et podologues. Campagnes Google Ads, référencement, fiche Google, Doctolib et parcours de prise de rendez-vous, avec un indicateur suivi de près : le coût par rendez-vous.
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